Isula Mutagna, ou l’histoire d’un pari un peu, beaucoup, passionnément engagé

Et de 3 ! 3 numéros déjà pour le magazine Isula Muntagna ! Créé par Philippe Pierangeli, ce trimestriel, proche des associations pastorales de défense des produits fermiers de tradition et des associations patrimoniales, s’affirme comme le magazine du monde agropastoral insulaire. Bref, un « canard » consacré à la Corse rurale… De quoi surprendre… Mais qu’a-t-il pu se passer dans la tête du photographe aguerri pour se lancer dans une telle aventure, à l’heure où, sur l’île comme ailleurs, l’agriculture est mise à mal et la presse écrite en voie d’extinction ?

 « Je suis un fou ! »

Il l’affirme lui-même avec conviction ! Philippe Pierangeli serait donc fou… Pourtant, à première vue, l’homme paraît avoir toute sa tête. Même si, à y regarder d’un peu plus près, il semblerait qu’il y ait dans ce cerveau-là quelque chose de singulier : une floppée d’images d’abord, glanées au cours d’une longue carrière de photographe, et un grain. Un grain de folie qui aurait germé au fil des routes et fleuri au gré des rencontres. Un grain de folie que d’autres appellent l’engagement ou la foi ! La foi en une ruralité que l’on malmène. En ces paysans qui redonnent à leur métier toute sa quintessence. En cette terre nourricière qu’aujourd’hui d’aucuns préfèrent immoler par le feu et le béton.

“Si haute soit la montagne, on y trouve un sentier.”

Philippe Pierangeli a donc cherché un sentier menant à cette Corse-là. Pourquoi ? Parce qu’à son retour sur l’île, l’amateur de sommets s’est étonné de ce qu’aucun titre de presse ne fut dédié à la montagne. Ici… Sur cette île dont on dit qu’elle est une montagne dans la mer… Egalement parce qu’il se devait de prendre position pour le monde pastoral qu’il affectionne. Et quand on lui demande de quelle manière il s’y prend, il répond le plus simplement possible : « En engageant mes fonds propres, en m’appuyant sur des professionnels et des contributeurs passionnés et en me faisant le passeur de leur savoir, en tentant de bâtir un pont entre bergers et thésards, entrepreneurs agricoles et institutionnels. Et notamment en touchant à tout ! » À tout ce que la gestion d’un magazine réclame. À tout ce que la gestion d’une entreprise réclame.

Aujourd’hui, trois trimestres après son lancement, Isula Muntagna compte quelques 400 adhérents. Gageons que ce sont là les prémices d’une belle et courageuse ascension !

 

 

Monsieur Renard et ses acolytes vous souhaitent un joyeux Noël !

Joyeux Noël qu’y disent tous ! Quand je dis tous, je parle des humains. De ceux qui s’apprêtent à passer les fêtes dans la joie et la bonne humeur. Les autres, au mieux ils dîneront d’un bol de soupe populaire et se partageront la literie d’un foyer avec puces et punaises. Au pire, ils se feront la guerre. Les humains quoi…

« Nous étions beaux, et surtout, nous étions. Tout simplement… »

 

Moi, les puces, je m’en accommodais, les laissant parcourir mon pelage sans même penser à les éradiquer. C’est que ce mot-là, éradiquer, dans le langage animal on ne le connait pas. Pure invention de l’humain.

 

« Nous étions beaux mais cela ne nous a préservés ni de la cruauté ni de la barbarie. »

Je vous parlais de mon pelage… Chaud, doré et soyeux. Soyeux comme celui de Monsieur Husky aux longs poils blancs et gris. Et le plumage de mon ami Gepetto ! Ah, si vous l’aviez vu ! Rose bonbon. Plus justement, rose crevette.

 

 

 

 

Oui, nous étions beaux. Je l’étais avant qu’on ne me pende à un panneau de signalisation.

Monsieur Husky l’était avant qu’on ne lui tire dessus.

Gepetto et ses amis l’étaient avant qu’on ne les crible de plomb.

Oui, nous étions beaux. Bien plus que celles ou ceux qui nous ont « éradiqués ». Nous étions beaux mais cela ne nous a préservés ni de la cruauté ni de la barbarie.

Nous étions beaux et nous avons été lâchement assassinés.

Nous étions beaux, et surtout, nous étions. Tout simplement…

Ira, ira pas ?

La question est quasi existentielle. Oui, c’est cela, existentielle : la vie d’une société entière semble tenir dans cette seule question : ira, ira pas ?

Depuis plusieurs jours en effet, à Ajaccio on retient son souffle. On compte à rebours. On explose et on implose. De joie ou de colère. D’envie ou de déception. On juge, on condamne, on excuse, on prône, on revendique, on exulte, on crie haro sur le baudet. Ce baudet-là n’est rien d’autre qu’une… galerie marchande !

Pendant ce temps-là…

Pendant ce temps si précieux que l’on passe à trépigner d’impatience ou d’impuissance, la terre, elle, disparaît sous le béton. Les végétaux s’inclinent devant la tôle. La pluie cesse de pénétrer les sols, n’ayant d’autre choix que de noyer les âmes. Les déchets, eux, s’amoncellent davantage encore. Pendant ce temps-là, on crée des emplois. Ou pas. On précarise une société en la « consumérisant » à outrance. En s’enrichissant sur son dos… avec son consentement muet. Pendant ce temps-là, des hommes, des femmes, des enfants dorment sur les trottoirs. Des vieillards meurent de faim dans les villages. Des affairistes, une poignée d’affairistes, barattent allègrement la crème et font leur beurre. Pendant ce temps-là, sur cette île, on tue pour un bout de terrain, un morceau de shit ou un rail de coke. Et pendant ce temps-là, surtout, surtout on continue à vivre, à survivre. En détournant le regard, en l’arrêtant sur des enseignes (parfois assassines) de vêtements mal cousus mais tellement plus accessibles. En s’offrant une orgie de bouffe ou de malbouffe. En se baladant au milieu de rayons remplis d’objets qui nous font oublier que oui, on y va !

Mais où va-t-on ?

Peu importe, on y va tout droit ! Tête baissée et la queue (pour ceux qui en ont) entre les jambes. On y va en subissant les embouteillages comme une fatalité et en se disant qu’on n’a pas le choix. Que finalement, c’est bien mieux qu’avant lorsqu’on devait trimer pour trouver à manger. Avant lorsque les enfants étaient jetés à la rue ou dans les champs. Avant lorsqu’on faisait ses besoins dans un trou au fond du jardin et non pas dans une belle cuvette remplie d’eau potable…

« Vergogna à tè chi brusgi a terra !» Honte à toi qui brûle la terre !

Étiquettes

Elle trotte l’interjection. Elle trotte sur les réseaux sociaux. Elle trotte sur la toile au rythme des flammes qui ravagent l’île de Corse. Elle trotte, stérile et accessoire, en déversant colère, tristesse et torpeur face à l’incandescence assassine. Et elle raconte. Elle raconte l’écœurement devant la folie des hommes. L’écœurement de voir réduit à néant ce que les Dieux avaient mis tellement de cœur à façonner : un Eden, une merveille de nature, un jardin de vie !

20140928_132050Oui, les Dieux avaient érigé là des montagnes impérieuses. Planté des arbres feuillus. Ils y avaient apporté la vie animale, une vie faite de chair et de sang. Une vie faite de corps perméables à la souffrance : sangliers, hérissons, renards, tortues, couleuvres, lézards, insectes, oiseaux et bien d’autres encore. Avaient dessiné des fleuves et des rivières, des vallées et des cols, des plaines et des plages. Parsemé çà et là des points de couleur chatoyants : du jaune, du rouge, du vert, du bleu, de l’ocre, etc. Et une fois leur œuvre terminée, ils nous l’avaient confiée. À nous, humains.

 

images

©CorseMatin

Nous y avons bâti nos maisons. Pour y vivre. Puis pour les louer et finalement les vendre aux plus offrants. Nous y avons cultivé la terre avant de la brûler et de l’enfouir sous le béton. Avons repeint les paysages en noir cendré. Avons arraché la vie dans d’atroces douleurs pour quelques deniers, quelques pâtures, quelques lotissements, quelques terrains de chasse. Pour quelque aliénation incompréhensible et tellement éphémère.

 

Certes, nous n’avons pas tous allumé la mèche ! Mais nous l’avons regardée se consumer inexorablement avant de s’embraser. Nous avons laissé faire. Par ignorance, par lâcheté, par complaisance ou par impuissance.

la_honteAujourd’hui, nous crions « Vergogna à tè » à celui qui ne connait pas la honte. Nous crions « Vergogna à tè » à celui qui recommencera encore et encore. Par cupidité, par jalousie ou par folie. Pour quelque dessein scabreux. Pour le plaisir d’imaginer le martyr des corps tordus de douleur, qu’ils soient végétaux, animaux et qui sait ? humains… Oui, il recommencera encore et encore parce qu’il se sait impuni. Parce qu’il se sait tout puissant.

 
Aujourd’hui nous crions « Vergogna à tè » à celui que notre peine, notre douleur nourrit. Nous crions « Vergogna à tè » depuis tellement d’années. Sans que rien ne change. Alors je m’interroge : quand cesserons-nous de crier vainement ? Quand nous déciderons-nous à agir ? Oui, agir ! Parce que nous nous revendiquons d’un peuple fier qu’on ne peut pas museler. Agir pour ne pas avoir à crier « Vergogna à mè » !

Voter (ou s’abstenir) lors d’élections présidentielles n’empêche pas de déguster du vin (et du bon !)

Bien au contraire ! La preuve, le maître-sommelier Raphaël Pierre-Bianchetti la donna ce 7 mai de l’an 2017 en organisant une dégustation à l’aveugle de millésimes corses. La rencontre eut lieu à Pisciatello, dans la toute nouvelle cave de l’auberge du Prunelli, chez Valentin et César Orlandazzi. Ce soir-là, on apprit à savourer la différence, humer la disparité, observer les contrastes.

© photo : DR

En ce dimanche soir de dégustation présidentielle, alors qu’ailleurs les yeux roulaient devant les écrans des smartphones, tablettes, ordinateurs ou postes de télévision, que les doigts scrollaient, donnaient du tap, du flick et du zoom, que les cerveaux spéculaient, supputaient, ratiocinaient, ici, au bas des escaliers de pierre, les bouches salivaient…

L’impatience, une cuvée

 

Ici, ce soir-là, l’impatience se savoura telle une cuvée millésimée prenant sa source dans les gosiers asséchés et assoiffés. Dans les narines frémissantes et sur les papilles exaltées. Ici, parmi les bouteilles de vins et de champagnes, elle fit trépigner jusqu’à l’arrivée des héros.

 

L’héroïsme, un vin 

Ici, ce soir-là, ils furent six héros nommés Enclos des Anges,
Alzeto, Leccia, Gioielli, Zuria et Capitoro. Six millésimes (deux blancs, deux rosés, deux rouges) sélectionnés par le maître sommelier Raphaël Pierre-Bianchetti pour leur altérité. C’est vrai… Ce passionné n’a-t-il pas fait vœu de réunir et valoriser le monde viticole, de rassembler amateurs et professionnels « Autour du 20 » ?

Déguster = confronter 

Ici, ce soir-là, les héros dissimulèrent leur origine et leur nom sous une cape noire. Ils s’affrontèrent dans des duels de couleur : blanc léger vs blanc riche ; rosé gris vs rosé de saignée ; rouge plaisir vs rouge structuré. Dévoilèrent leur âme à qui sut les regarder, les respirer, les goûter.

Ici, en ce dimanche soir de dégustation présidentielle, on démasqua enfin les vignerons et vigneronnes. Même, « les vins ressemblant à ceux qui les font », on crut deviner leur tempérament…

 

Tous les premiers dimanches du mois, Raphaël Pierre-Bianchetti, Valentin et César Orlandazzi vous donnent rendez-vous à l’auberge du Prunelli à partir de 19 h pour une soirée dégustation.

Tarifs et renseignements :
Raphaël Pierre-Bianchetti
Autour du 20
info@autourdu20.com

 

Un lundi bonheur

Certains lundis ne ressemblent pas aux autres. Certains lundis sont bien plus joyeux, fleuris et amicaux que d’autres. Certains lundis nous rappellent que la vie devrait toujours être faite de rencontres, de découvertes et de chaleur humaine.

©photo : DR

Si on m’avait dit qu’un lundi pouvait ressembler à ça ! À un saut du lit avec salto arrière et double lutz piqué. À un petit-déjeuner avalé en toute hâte pour ne pas perdre une seule minute de cette journée. À une sortie dans le monde sans maquillage ni autre « trompe couillon ». À un retour à la vie sans une dizaine de salutations au soleil dynamisantes, vingt minutes de méditation antistress et quarante-douze «Je vous salue Marie» déculpabilisantes (rapport aux innombrables insultes que l’on s’est gardé de proférer et qui du coup pèsent sur notre plexus solaire.) Bref, si on m’avait dit qu’un lundi sans soleil pouvait être si… ensoleillé, eh bien je n’en n’aurais rien cru.

Et pourtant…

Et pourtant, ce lundi-là fut tout cela à la fois. Il fut rassurant comme un carré de chocolat noir, suave comme une cuillère de miel, parfumé comme une fleur d’immortelle et onctueux comme une crème hydratante. Ce lundi-là, je testai les soins spa de l’amie Brigitte. Je n’irai pas jusqu’à parler d’extase, on pourrait se méprendre… Mais parler de bonheur, oui, sans hésitation !

Ton âme tu chériras

Car tel est, peu ou prou, le credo de l’amie Brigitte : apaiser l’âme pour éveiller les sens. Ainsi, j’entamai mon parcours avec une séance de relaxologie : une simple fève de cacao, la douce voix de Nathalie et voilà mon esprit envolé. Où exactement ? On n’en sait trop rien. Quelque part entre la Côte d’Ivoire, l’Indonésie, le Ghana, le Brésil et la Malaisie pour assister les cueilleurs de cacao. Mais très vite, il vogua inéluctablement vers… la table de massage ! (Il faut dire que parcourir le monde pour escalader tous ces cacaoyers, ça éreinte son homme !)

Ton corps tu reposeras

©image : DR

De retour au bercail (ou plus exactement dans ce bel institut de beauté), j’eus alors grand besoin de me reconnecter à la terre de Corse. Je me laissai donc badigeonner de crèmes aux essences envoûtantes. Me débarrassai de mes tensions à force de massages bienfaisants – à ce propos, Brigitte et Danielle, savez-vous que vous avez des mains de velours ? Et enfin, bêtement, je redécouvris le sens de la vie…

Oui, ce lundi-là, ne fut pas comme les autres. Ce lundi-là, dans cet institut de beauté, j’oubliai un instant le chaos du monde…

Marronnier mon amour

maronnier-mortLe marronnier médiatique… On l’espérait moribond. Boudé par les journalistes (à l’exception du régionaliste JPP, lequel s’emploie dans son journal de 13 h à le sauvegarder coûte que coûte). On priait pour qu’il rejoigne la longue liste des espèces menacées d’extinction (le marronnier, pas JPP). Et pour une fois, à cette idée, on fanfaronnait :  « chouette ! » On s’extasiait : « youpi !» On exultait : « hourra ! » Bref, on se voulait optimiste, limite présomptueux.

Seulement voilà…

Seulement voilà, il y eut l’avènement des réseaux sociaux. Et avec eux, une réalité incontestable, un aveu amer : l’internaute, tout comme le téléspectateur, est un inconditionnel du marronnier. Il s’en repaît et n’en laisse pas une seule miette.

Abus et indigestion

Crédit photos : DR

Crédit photos : DR

Oui, l’internaute gobe le marronnier avec une avidité écœurante. Il s’en délecte avec un plaisir gargantuesque, une passion outrancière. Salive d’impatience. Éructe de contentement. Fulmine quand il ne peut participer à la grande               « marronnerie » générale.
Et il meuble. Il meuble le temps qui passe. Il le meuble d’oursinades et de pistes skiables en hiver, de pieds dénudés savamment manucurés sur fond de bleu océan au printemps, d’apéros frais et festifs en été et de plats réconfortants en automne. Chaque saison, chaque période d’une année, d’une vie, il vomit sur la toile une foultitude d’informations répétitives, d’événements récurrents et ô combien prévisibles ! … Ô combien indigestes ! (Mais doit-on le dire ?)

Marronnier un jour, marronnier toujours

Il faut donc se rendre à l’évidence : le marronnier s’obstine ! Il s’entête à nous abrutir, à nous uniformiser, à nous « normaliser ». Je « marronne » donc je suis. Et plus encore, avec le règne des réseaux sociaux, il est devenu éternel. Infini. Universel. Il parcourt la planète, se mêle aux marronniers du monde entier, se nourrit de leur fatuité pour nous nourrir à son tour de la sienne. Et finit par tous nous faire marron…

Petits mais costauds – Réponse au quizz

Étiquettes

1/C – L’organisation des Nations unies
2/C – De plain-pied
3/D – À cor et à cri
4/B – Eh bien ! Quelle histoire !
5/B – Il a parcouru 10 km d’une seule traite.
Les abréviations d’unités de mesure sont invariables.
6/A – La course à pied ? Beurk !
Oui, même si l’on est censé courir avec ses deux pieds !
7/B – Quelle que soit la solution
8/B – Ils s’aiment malgré leurs différends.
9/B – Voici des objets riquiqui.
« Riquiqui » est un adjectif invariable. Il s’orthographie également « rikiki ».

204467531Le saviez-vous ?

Le riquiqui était autrefois une liqueur, une sorte d’eau de vie de piètre qualité. Le mot est même mentionné dans le glossaire du Vendômois.

10/A – Une start up ? Quèsaco ?
« Quèsaco » est un adverbe interrogatif provenant d’une locution provençale. Il s’orthographie également «Qu’èsaquo » et signifie, en langage familier, « Qu’est-ce que c’est ? »

« Réseau », le mot qui « dépote »

Il orne pratiquement toutes les lèvres. Occupe de nombreux esprits. On en mange, on en boit, on en soupe. Le « réseau ». Omniprésent mais pas que : triomphant, étouffant, abrutissant, annihilant mais… ô combien fructifiant !reseau

Sans lui, sans le « réseau », les affaires ne tournent pas ou plus, la sphère sociale se dessèche et même le web – à qui il doit pourtant son renouveau – prend l’aspect d’un désert : une étendue aride, sans réelle aspérité.

Indispensable « réseau »

spider-211932__480Oui, le « réseau » a su se rendre indispensable. En tissant une toile soyeuse dans laquelle il est aisé de s’engluer. Par volonté. Par facilité. Par vanité aussi. Parce qu’il faut en être. À tout prix ! En être pour ne pas rester sur le bord de la route. Ne pas se voir exclu. Ni se montrer exclusif. Alors on en passe des journées entières, des mois, des années, voire toute une vie à le traquer ! Sur la Toile dont il est le maître. Au sein des assemblées qu’il nourrit de son obséquiosité. Dans les maisons et même jusque dans les bars où l’on s’en gave jusqu’à la lie.

Le « réseau », ubiquiste et chronophage

Son « réseau », on le crée. On le monte de toute pièce : une relation par ci, une connaissance par là. Un kit que l’on assemble au gré des clics et des heures.bousier Une pelote que l’on roule, encore et encore, et qui grossit, encore et encore. On le nomme Facebook, Twitter, Instagram, LinkedIn, Viadeo ou autre. On s’en enduit chaque recoin du corps et de l’âme. Et quand enfin on le tient, on épie le moindre de ses gazouillements pour ne pas en perdre une miette. Et éventuellement, partager cette miette.

Le réseau fait l’union… ou pas…

Le « réseau » unit, dit-on. Il unit les hommes, les femmes, les hommes et les femmes. Il unit pour rendre attractif, combatif, efficace. Le « réseau » enforcit, informe, implante. Repousse l’isolement. Capture le prospect, l’ami, le client, le fournisseur. (L’enfant d’Anatole France utilisait aussi un réseau pour capturer la libellule.) Bref, le « réseau » donne à être. À être et à paraître…

Au fait, j’y pense : vous avez votre réseau vous ? Sinon… vous pouvez toujours rejoindre le mien…

Petits mais…

Étiquettes

© image : DR

© image : DR

Ils sont usités, et ce malgré la petitesse de certains d’entre eux. Pourtant, les écrire correctement provoque parfois des sueurs, pour ne pas dire des suées. Trêve (ou trève ?) (ou traive?) de bavardage, à vos claviers !

1/
A – L’Organisation des Nations Unies
B – L’organisation des nations unies
C – L’organisation des Nations unies

2/
A – De plein-pieds
B – De plaint-pied
C – De plain-pied

3/
A – À corps et à cris
B – À corps et à cri
C – À cors et à cris
D – À cor et à cri

4/
A – Et bien ! Quelle histoire !
B – Eh bien ! Quelle histoire !
C – Hé bien ! Quelle histoire !

5/
A – Il a parcouru 10 kms d’une seule traite.
B – Il a parcouru 10 km d’une seule traite.
B – Il a parcouru 10 km. d’une seule traite.
6/
A – La course à pied ? Beurk !
B – La course à pieds ? Beurk !

7/
A – Quelque soit la solution
B – Quelle que soit la solution
C – Qu’elle que soit la solution

8/
A – Ils s’aiment malgré leurs différents.
B – Ils s’aiment malgré leurs différends.
C – Ils s’aiment malgré leurs diferrents.

9/
A – Voici des objets riquiquis.
B – Voici des objets riquiqui.

10/
A – Une start up ? Quèsaco ?
B – Une start up ? Késaco ?
C – Une start up ? Quézaco?
D – Une start up ? Kézaco ?